Vous l’avez peut-être observé ces derniers jours sur les routes alsaciennes. A l’arrivée dans une station essence, un ou plusieurs carburants sont en rupture. Mardi 11 août 2026, cela concerne 30 % des stations alsaciennes, 88 sur 283. Un chiffre largement supérieur à la moyenne nationale de 6 %.
Ces pénuries ponctuelles concernent principalement l’essence, sans plomb 98 en tête. Il ne représente que 7 à 8 % des ventes de carburant en France. “Le SP98 se vend dans des volumes plus faibles. Les stocks sont donc aussi plus faibles et davantage sujets à une évolution de la consommation ou de l’approvisionnement”, explique Philippe Fussler, de l’antenne bas-rhinoise de l’UFC-Que Choisir. 54 stations sont concernées par une pénurie passagère de sans plomb 98.
Pourquoi rencontre-t-on des difficultés pour faire le plein en ce moment ? “On ne voit pas comment il pourrait y avoir une forte hausse de la consommation en période estivale”, avance Philippe Fussler. Une partie de la réponse se trouverait donc dans les difficultés d’approvisionnement.
Avec le faible niveau du Rhin cet été, les navires de fret réduisent de 50 à 60 % leur chargement. Et cela impacte aussi les transporteurs de carburant en provenance de Karlsruhe, qui approvisionnent l’Alsace. La faute au réchauffement climatique. “En début d’été, on devrait avoir la fonte de neige [sur les Alpes] pour alimenter le niveau du Rhin. Ce n’est plus le cas : il y a très peu de neige cet hiver et c’est quelque chose qu’on constate depuis quelques années”, résume le responsable territorial de Voies navigables de France, Bertrand Neu.
L’Alsace dépend majoritairement d’un approvisionnement en carburant par voie fluviale. Les difficultés ponctuelles pour faire le plein poussent certains usagers à s’interroger sur leur véhicule. “Nos adhérents nous sollicitent pour savoir si c’est intéressant pour eux de passer à la voiture électrique, raconte Céline Kastner, directrice des politiques publiques et de la communication du Mobilité club France. Ça accélère la réflexion autour des mobilités.”
Au moment de la publication de cet article, les préfectures du Bas-Rhin et du Haut-Rhin n’avaient pas répondu à nos sollicitations sur la question de ces ruptures de carburant.
